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Le diplomate américain Roger Rigaud au Centre d’Etudes Diplomatiques et Internationales

La série de conférences-débats du Centre d’Etudes Diplomatiques et Internationales (CEDI) est en train de devenir une référence académique et intellectuelle de haut niveau. Les conférenciers haïtiens et étrangers qui répondent à l’invitation de cette prestigieuse institution de formation ne tarissent pas d’éloges à l’endroit de la correction, de la tenue et de la distinction des professeurs et des étudiants du CEDI. Monsieur Roger C. Rigaud, fonctionnaire diplomatique de l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique en Haïti vient d’en faire l’agréable expérience.

roger_rigaud_au_cedi_4Monsieur Roger C. Rigaud est un congénère ne à New York de parents originaires de Petit-Goâve, Haiti. Il serait un descendant du général André Rigaud, maitre incontesté du Sud et de la colonie de Saint-Domingue jusqu’en 1800.

Monsieur Roger C. Rigaud a terminé ses études secondaires dans un collège jésuite aux Etats-Unis puis s’est inscrit à Georgetown University d’où il est sorti avec un parchemin en relations internationales et en droit. Il a fréquenté la faculté de droit et de diplomatie Fletcher de l’Université Tufts de Medford dans le Massachusetts et a obtenu une maitrise en politique internationale et en développement économique à la faculté de Fletcher. Il a travaillé en Afrique notamment en Namibie et au Fonds d’Education pour la conservation de New York.

C’est donc un technicien de la diplomatie et des relations internationales qui a entretenu, le 20 mai écoulé, les étudiants du Centre d’Etudes Diplomatiques et Internationales (CEDI) du thème de la « nationalité américaine ».

Accueilli par le Directeur Exécutif du Centre, Me Denis Régis et par l’ancien chef du protocole, l’ambassadeur Yves Massillon, le diplomate a entonné avec les étudiants les hymnes nationaux haïtien et américain. Dans cette atmosphère chaleureuse et amicale, M. Rigaud s’est vite senti chez lui.

D’entrée de jeu, le diplomate a fait valoir qu’il existe quatre (4) catégories d’Américains : les citoyens américains d’origine, les « national americans », les personnes qui acquièrent la nationalité américaine postérieurement à leur naissance et les citoyens originaires de Port-Rico.

Les citoyens américains d’origine sont ceux qui naissent sur le territoire des Etats-Unis, en vertu du jus soli et ceux qui naissent de parents américains en dehors des Etats-Unis, en vertu du jus sanguinis.

Les « national americans » sont des citoyens nés sur un territoire rattaché aux Etats-Unis. Ces citoyens ne peuvent pas voter aux élections fédérales et ne payent pas non plus de taxes fédérales. C’est le cas actuel des habitants de l’île de Guam, des îles Marianne, de plusieurs îles du Pacifique et, dans le passé, des habitants de Philippines. Ceux-ci sont à présent des Philippins et ont perdu, avec l’indépendance de leur pays en 1946, leur statut de « national americans ».

La troisième catégorie d’Américains est constituée des résidents étrangers, permanents et légaux, qui, après cinq années, peuvent « ajuster leur statut » en postulant pour la nationalité américaine.

La quatrième catégorie se réfère aux Portoricains. Porto-Rico, a précisé M. Rigaud, n’est ni un territoire ni un Etat des Etats-Unis mais une nation librement associée à la république étoilée. « Il en résulte un Etat ou les Portoricains sont des citoyens américains… qui ne peuvent pas voter lors d’élections présidentielles mais élisent un observateur qui les représente au Congrès américain. De plus les Portoricains ne paient pas de taxes fédérales et ne jouissent pas des avantages fédéraux, à moins qu’ils ne déménagent vers les Etats-Unis ».

Une fois acquise, devait indiquer M. Rigaud, il est difficile de perdre la nationalité américaine. A moins qu’il s’agisse des « national americans » dont le territoire devient indépendant. S’il s’agit d’un citoyen américain d’origine ou d’un naturalisé, le processus est relativement long. Il est laissé à ce citoyen entre une à deux années de réflexion aux fins éventuellement « de reconsidérer sa décision », mais aussi pour éviter que les citoyens américains vivant à l’étranger ne se soustraient au paiement des impôts.

Relativement au phénomène de la double nationalité, le diplomate américain a observé qu’en tant que nation d’immigrants, les Etats-Unis sont fiers de leur diversité ethnique, culturelle, linguistique et religieuse. Beaucoup d’Américains, approximativement 10 à 15% de la population, gardent leur ancienne citoyenneté et leurs enfants sont pour la plupart des bi-nationaux. Cependant, quel que soit le cas de figure, le détenteur d’un passeport américain est supposé utiliser ce document quand il voyage à l’étranger. D’autres aspects de la question ont été abordés tels le processus d’immigration et l’émission de visa de visiteur.

Relativement au processus d’immigration aux Etats-Unis, M. Rigaud a fait savoir qu’un résident permanent peut produire une demande en faveur de ses parents. La priorité de la demande dépend de la nature des liens familiaux. Par exemple, les requêtes des conjoints sont traités prioritairement par rapport à celles des frères et sœurs. De même, les enfants ont la priorité sur les adultes. D’autres facteurs, comme l’âge, jouent un rôle déterminant dans le processus.

Le délai pour l’émission d’un visa d’immigrant peut être, selon le cas, plus ou moins long. A titre d’illustration, pour les Philippins, le temps d’attente pour un visa varie et peut atteindre dix-huit ans et parfois, vingt-quatre ans pour d’autres pays. En Haïti, le délai le plus long est de douze ans.

Au terme d’un exposé constamment clair, hautement instructif et d’une réelle valeur académique, les questions, multiples des professeurs et des des étudiants ont enrichi le débat qui s’est déroulé en créole, en français et en anglais. Le professeur de langues du CEDI, jean Wesley Cazeau, détenteur d’une maitrise en éducation de Georgetown University, apportait les précisions nécessaires et faisait les correctifs appropriés pour les étudiants. L’ambassadeur Yves Massillon et l’étudiant Jean Homère ont remis, au nom du Centre, une plaque d’appréciation à M. Roger C. Rigaud qui, en des termes choisis, a remercié le directeur du CEDI, Me Denis Régis, le professeur de relations internationales, Me Edwidge Lalanne et l’ensemble des étudiants.

Une agréable réception organisée par Maryse Michelle Pierre, Rose-Laure Codada, Dalis Jules Thomas, Marie-Ange Rinvil, Lyse Carole Justafort, Léonie Moïse Jolites et Gréam Innocent Pierre-Jérôme, a clôturé magnifiquement cette soirée de l’amitié haïtiano-américaine.

Le diplomate Roger C. Rigaud a promis de revisiter le Centre d’Etudes Diplomatiques et Internationales.

La visite en photos

Serge Philippe Pierre, Le Nouvelliste

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