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L’Ambassadeur américain s’ouvre aux étudiants haïtiens

Quand l’ambassade américaine à Port-au-Prince s’ouvre aux étudiants haïtiens

A l’initiative du Bureau des Affaires publiques de l’ambassade des États-Unis d’Amérique en Haïti, une soixantaine d’étudiants universitaires haïtiens du Centre d’études diplomatiques et internationales (CEDI), de l’Académie nationale diplomatique et consulaire et de l’Université Quisqueya ont été, le mardi 17 mai 2011, les hôtes de l’ambassadeur Kenneth Merten et de l’attachée culturelle Régine René.

Photo-souvenir des promotions d’étudiants en diplomatie et en relations internationales du Centre d’Etudes Diplomatiques et Internationales (CEDI), de l’Académie Nationale Diplomatique et Consulaire et de l’Université Quisqueya reçus par l’ambassadeur américain Kenneth Merten et de l’attachée culturelle de l’ambassade Régine René

Une soixantaine d’étudiants en diplomatie et en relations internationales de trois universités et écoles supérieures haïtiennes ont été reçus le 17 mai à l’ambassade des États-Unis d’Amérique à Port-au-Prince en vue, d’une part, de leur permettre de mieux comprendre le fonctionnement de cette mission diplomatique et, d’autre part, d’avoir une idée globale du travail du Département d’État des États-Unis à travers le monde. Accueillis avec beaucoup de chaleur et de cordialité par l’ambassadeur Kenneth Merten et par l’attachée culturelle Régine René, ces étudiants ont eu droit à un copieux programme composé, entre autres, de deux communications faites respectivement par Monsieur Merten et par le directeur du CEDI Me. Denis P. Régis, d’un documentaire retraçant l’organisation des déplacements à l’étranger du Secrétaire d’État Hillary Clinton et d’une visite guidée des services de l’ambassade.

D’entrée de jeu, Régine René, support audio-visuel à l’appui, a présenté l’organigramme des missions diplomatiques américaines à l’étranger, en particulier celle établie à Port-au-Prince, en mettant l’accent sur leurs attributions et la taille de leur personnel. De manière générale, l’ambassade comporte parmi d’autres, le bureau du chef de mission, l’Agence américaine pour le Développement international (USAID), la section consulaire, l’Agence de lutte contre la drogue (DEA), la section économique et commerciale, la section politique, le bureau des affaires publiques, le service d’immigration et de la citoyenneté, le centre de contrôle et de prévention des maladies, l’office de la liaison militaire, etc….. Au total quatorze sections, services et bureaux où travaillent des fonctionnaires diplomatiques et des employés locaux complètent ce tableau.

Il revenait ensuite à l’ambassadeur Kenneth Merten de prendre la parole, magistralement introduit par l’attachée culturelle Régine René. Natif de Saint-Louis dans le Missouri, mais considérant Hudson dans l’Ohio comme sa ville natale, Kenneth Merten, qui a déjà été à deux reprises en poste en Haïti, a rejoint le service diplomatique du Département d’Etat en 1987. Il a rempli à Washington la fonction de Secrétaire exécutif des Secrétaires d’Etat Condoleezza Rice et Hillary Clinton. En dehors des États-Unis, il a occupé des fonctions diplomatiques à l’ambassade américaine en France, en Haïti, en Allemagne, et auprès de l’Union Européenne, en Belgique.

L’ambassadeur Merten a mis l’accent dans son exposé sur l’importance que les États-Unis accordent à la stabilité politique et au développement économique et social d’Haïti. C’est en ce sens qu’il faut comprendre, à son point de vue, l’importance quantitative et qualitative de la coopération de son pays dans l’accompagnement financier et technique des processus électoraux haïtiens et dans les fonds mis à la disposition d’Haïti dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’agriculture, des infrastructures, de la sécurité, de la formation académique et de la culture. Selon le diplomate, l’assistance américaine à Haïti procède, d’une part, d’un devoir de solidarité à l’endroit d’un pays dont les récentes années ont été dramatiquement marquées par des tragédies multiples (cyclones, ouragans, tremblement de terre, épidémie …) qui ont mis à mal tous les efforts consentis vers un avenir meilleur pour la population et, d’autre part, de la conviction profonde que le peuple haïtien est à même de prendre en main son propre destin par la détermination, la discipline, le travail, la primauté de l’État de droit et de l’intérêt collectif et par la prise en compte responsable et permanente des besoins des couches les plus vulnérables de la population dans le cadre de politiques publiques articulées et cohérentes.

S’adressant plus particulièrement aux jeunes universitaires haïtiens présents ce jour-là à la mission diplomatique américaine, l’ambassadeur Merten les a exhortés à prendre leurs études au sérieux, à redoubler d’efforts et de constance dans le cadre de leur formation intellectuelle et académique en vue d’être prêts, le moment venu, à assurer la relève générationnelle d’Haïti. Les États-Unis, pour leur part, contribuent à cet effort de formation de cadres de niveau en mettant régulièrement à la disposition des étudiants, des intellectuels, des professionnels et des chercheurs, des bourses de perfectionnement et de spécialisation dans des universités américaines, contribuant ainsi à accroître les compétences haïtiennes indispensables au développement économique et au progrès social du pays.

Les propos de l’ambassadeur ont été chaudement applaudis par l’assistance visiblement impressionnée par l’accueil de qualité du diplomate, son français impeccable, sa disponibilité à répondre aux questions et, d’une manière générale, par le ton serein et mesuré de ses remarques, de ses commentaires et de ses conseils.

Introduit à son tour par l’attachée culturelle de l’ambassade, Régine René, le directeur général du Centre d’études diplomatiques et internationales (CEDI), Me. Denis P. Régis qui, selon le protocole de la rencontre, devait intervenir sur l’accès à la carrière diplomatique en Haïti, s’est référé à un certain nombre de textes législatifs et réglementaires qui, s’ils étaient toujours appliqués, permettraient aux services centraux et extérieurs du ministère des Affaires étrangères d’être plus performants et moins sujets aux aléas des changements de régime et des titulaires du portefeuille de la chancellerie.

D’entrée de jeu, Me. Régis a mis en exergue les dispositions de l’article 236-2 de la Charte fondamentale du pays qui prévoit que « la fonction publique est une carrière. Aucun fonctionnaire ne peut être engagé que par voie de concours et autres conditions prescrites par la constitution et par la loi…. ». Qu’il s’agisse de la loi du 19 septembre 1982 établissant le statut général de la fonction publique haïtienne (« la sélection des candidats à la fonction publique se fait par concours, sur titres ou sur épreuves », article 39), de l’arrêté du 13 octobre 1983 fixant les procédures et les modalités de nomination des agents de la fonction publique (article 9) ou du décret du 17 mai 2005 portant révision du statut général de la fonction publique « Aucun agent public ne peut être engagé que par voie de concours …. » (article 16), ce corpus juridique fait obligation à l’État de se constituer un corps de fonctionnaires de métier et de carrière, à l’abri des soubresauts de la politique et indépendants de la brigue électorale. Telle est, de l’avis de Me Régis, l’une des exigences de l’État de droit et du règne de la loi dont doivent tenir compte les décideurs politiques, pour la création d’une fonction publique neutre, impartiale, objective, au service de la nation et de la population, sans considérations partisanes, politiques et idéologiques.

Relativement à l’accès à la carrière diplomatique proprement dit, le directeur général du CEDI s’est là encore référé aux instruments juridiques précités et, plus spécifiquement :

  • au décret-loi du 9 novembre 1945 faisant de la carrière diplomatique et consulaire une branche spécialisée de l’administration publique ;
  • à la loi-cadre du 30 septembre 1958 qui précise les attributions des différents services du département des Affaires étrangères et les conditions de fonctionnement des services centraux tout en assurant la stabilité nécessaire du personnel de carrière ;
  • à la loi du 14 mars 1983 qui précise et définit l’organisation et les attributions des services centraux et extérieurs du département et aux décrets du 10 novembre 1986 et du 17 août 1987.
  • aux règlements internes de 2006 du Ministère.

Me. Régis, tout au long de ses propos, a vivement plaidé en faveur du respect de la loi qui consiste à recruter sur concours les fonctionnaires de l’administration donnant ainsi l’opportunité à la cohorte de diplômés de nos facultés et écoles supérieures de faire carrière dans la fonction publique sur la base de la formation et de la méritocratie républicaine. Ceci, à son avis contribuera sensiblement à réduire les frustrations et les rancoeurs accumulées de la jeunesse qui, en dépit parfois de ses titre et qualité, est mise au rancart au profit, dans la plupart des cas, des arrogants sonores et des analphabètes tonitruants.

Enfin, selon Me. Régis, une telle politique, conforme d’ailleurs à l’équité et au règne de la loi, servira de soupape de sûreté aux pouvoirs publics tout en contribuant à redonner l’espoir d’être utiles à leur pays, en le servant, à ces milliers d’étudiants sans boussole et sans repères qui constituent le réservoir, le vivrier et le terreau des démagogues, une force toute prête pour l’émeute.

Au terme d’un exposé riche en références doctrinales et législatives, le directeur général du CEDI, Me. Denis P. Régis, fut chaleureusement ovationné par les universitaires qui, après une collation, furent invités à visiter les différents services de l’ambassade américaine. Ceux-ci s’extasièrent du constat que ce bâtiment blockhaus a résisté au séisme du 12 janvier et de l’ordonnancement des bureaux dont une bonne partie est occupée par l’USAID, cette agence du gouvernement américain, créée le 3 novembre 1961 et par laquelle transite l’aide des États-Unis d’Amérique à Haïti.

Et, comme toute bonne chose a une fin, la matinée qui s’est prolongée fort tard dans l’après-midi se termina par une série de photos souvenirs avec l’ambassadeur Merten et l’attachée culturelle Régine René.

Elie Melay, étudiant en diplomatie et relations internationales au CEDI

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