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Michèle D. Pierre-Louis rend visite au CEDI

Madame Michèle Duvivier Pierre-Louis, directrice de la FOKAL et Première ministre d’Haïti entre 2008-2009, a effectué une visite au Centre d’études diplomatiques et internationales (CEDI), le 22 mai. L’occasion pour l’ancienne patronne de la Primature de se rendre compte des efforts consentis par les responsables de cet établissement d’enseignement supérieur pour se relever du séisme du 12 janvier 2010 et le temps de prononcer une magistrale conférence sur la communication et la persuasion par l’argumentation et le raisonnement.

Ce mardi 22 mai, il fait beau et chaud à la capitale. Terriblement chaud. Ce qui laisse prévoir les fortes températures de la période estivale qui s’en vient dans un mois. Cinq heures quarante-cinq de l’après-midi, les étudiants, tirés à quatre épingles comme le veulent les règlements du CEDI, s’apprêtent à suivre à un cours de communication orale dispensé par le professeur-journaliste Clarens Renois. Toutefois, certains petits détails n’échappent pas à l’étudiant avisé et observateur: réglage du système de sonorisation, installation de plusieurs microphones, lutrin bien en place, va-et-vient incessant du personnel de soutien, les bras chargés de victuailles. Tout ceci laisse augurer un événement majeur. On se prête aux supputations et aux conjectures.

Après la visite de l’ambassadeur américain, Kenneth Merten en mai 2011, celle de l’ambassadeur français, Didier Le Bret, en février 2012 et celle de Henri Paul Normandin, l’ambassadeur canadien, en avril 2012, la surprise allait être de taille. Me. Denis P. Régis, le directeur du CEDI et le professeur Clarens Renois nous annoncent la venue, le temps d’un après-midi, de Madame Michèle Duvivier Pierre-Louis pour une causerie, une présentation sur la communication. La grande salle de conférence du CEDI, bondée comme à l’ordinaire, roucoule de plaisir et de bonheur partagés.

Et, comme à l’accoutumée au CEDI, l’accueil des visiteurs de marque est empreint de chaleur et d’émotion. Madame Pierre-Louis eut droit à une ovation debout de l’assistance, conquise d’emblée par la sérénité, le calme et la modestie qui se dégagaient de la visiteuse. Dans ses propos de bienvenue, le directeur du CEDI a brossé un rapide portrait de celle-ci qu’il a présentée comme « une grande dame de la société haïtienne doublée d’une opératrice culturelle de premier ordre dans la cité ». Une « femme de tête et de coeur », s’empressa d’ajouter Me. Régis qui a tenu à souligner que « ce n’est pas le moindre de vos mérites, Madame Pierre-Louis, que d’avoir mis, entre 2008 et 2009, vos compétences de gestionnaire et votre expérience des hommes, des femmes et des choses de ce pays au service du bien commun et de l’intérêt collectif ». Le directeur du CEDI a émis le voeu que « la rencontre de ce soir permette à nos deux institutions (la FOKAL et le CEDI) d’intensifier leurs relations, de raffermir leurs rapports, de fortifier les liens qui, tout naturellement, sont appelés à se développer et à se renforcer », saluant au passage le professeur Clarence Renois « dont la précieuse intermédiation a favorisé l’événement ».

Prenant la parole à son tour, la directrice de la FOKAL remercia la direction de l’institution, les professeurs et les étudiants qui lui ont fait un accueil si chaleureux. Dès les premiers mots, l’auditoire tomba sous le charme de la conférencière dont la solide formation académique et la riche culture s’allient remarquablement à la modération et à la retenue dans le choix des termes et des concepts.

Madame Pierre-Louis a bien sûr défini la communication comme le fait de communiquer, d’établir une relation avec les autres au moyen des procédés de transmission de la pensée. L’importance du langage comme aspect conceptuel de la communication favorise la compréhension mutuelle. On parle pour s’exprimer, pour informer et pour convaincre par une parole libérée qui construit la démocratie et crée l’espace public. « Chez nous, a-t-elle déploré, le discours prend souvent la forme de manipulation. Dans une société où l’on peut tout dire et son contraire, il est difficile de savoir où se situe la vérité ». C’est la vérité, l’honnêteté intellectuelle et la probité morale qui inspirent les normes sur lesquelles on s’entend, base du vivre ensemble, socle de toute société qui place l’humain au-dessus de toutes les contingences.

La démonstration de madame Pierre-Louis est claire. A son point de vue, pour convaincre, il faut savoir argumenter et se rapporter à la vérité, sans crainte des arguments contraires car ceux-ci renforcent le débat et permettent de faire jaillir la lumière. Se cultiver par la lecture, de l’avis de madame Pierre-Louis, aide à structurer la pensée, à enrichir la réflexion et à développer l’esprit critique. La directrice de la FOKAL, nostalgique, a gardé en mémoire les espaces de culture et de lecture que représentait le Bel Air où officiait Franketienne. Ce qui contribuait à éveiller et à aiguiser chez les jeunes de l’époque le goût de l’art, de la lecture, de l’écriture, de la pensée discursive.

Parlant de la force du discours apte à décloisonner la pensée par la tenue de débats collectifs en relation avec la vérité, madame Pierre-Louis s’est portée à la défense de l’honnêteté, de la probité et de l’honneur qui doivent inspirer en tout temps les actes et les actions de l’homme. Ces sentiments de dignité morale élèvent la discussion, favorisent les échanges de niveau et mettent à mal la pensée unique qui est l’apanage de tous les dogmatismes.

Les analyses de madame Pierre-Louis sont d’une grande finesse, ouvertes, et ont une portée pédagogiques, dénuées d’approximations, de non-dits et de la langue de bois dont la plupart en font leurs marques de fabrique.

Comme il fallait s’y attendre, au terme d’un exposé parsemé d’anecdotes, constamment captivant, empreint de chaleur et de vie, toute la salle ou presque avait une question, voulait produire une remarque ou un commentaire. Avec patience, madame Pierre-Louis, souriante, répondait. Ce fut tantôt l’éducatrice et la pédagogue, tantôt la femme d’expérience et de savoir qui apportait une précision, développait une réflexion, affinait une réponse.

Ce fut une ovation debout qui salua la première partie de cette remarquable soirée qui allait se poursuivre par un vin d’honneur offert par la direction. Là, madame Pierre-Louis put tout à loisir échanger en aparté avec des étudiants qui tous voulaient immortaliser cet instant par des prises de vue. Les étudiantes dont Ange Bellie Andou qui prépare un troisième roman et Sabine Désir qui s’apprête à franchir le rubicon à « Livres en folie » cette année, eurent toutes les attentions de la directrice de la FOKAL de même que le professeur James Boyard qui a publiquement exprimé sa gratitude à madame Pierre-Louis pour le soutien obtenu pour la publication de son dernier titre qui sera à la foire du livre, en juin prochain.

Somme toute, une soirée réussie à tous les points de vue. Tout le monde en est sorti ravi et satisfait.

Sandrellie Séraphin, Le Nouvelliste

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